Aide à domicile : arnaques sur les heures des seniors et intervenants

AiderNosParents dénonce des heures comptabilisées sans consentement des bénéficiaires et intervenants. La validation humaine est indispensable !

Les services à domicile pour personnes âgées sont des prestations à comptabilisation horaire.  L’organisme prestataire est l’intermédiaire qui gère le nombre d’heures pour facturer le bénéficiaire d’un côté, rémunérer l’intervenant de l’autre. La marge dégagée constitue le modèle économique du prestataire, entreprise privée ou association.

Le bénéficiaire, l’intervenant, et l’intermédiaire sont trois parties aux intérêts opposés au niveau financier, comptage des heures.

A l’origine, la feuille de présence permet aux bénéficiaire et intervenant de valider le nombre d’heure à chaque fin d’intervention. A chaque fin de mois, cette feuille au nombre d’heures cumulées, validée par les trois parties, sert aux calculs financiers.

La modernisation des organismes d’aide à domicile a changé la donne.

Depuis 1999, ces organismes s’équipent de dispositifs de collecte et comptage automatique des heures appelés télégestion, pointage téléphonique ou NFC, au profit de l’intermédiaire administratif.

Depuis, personne ne se préoccupe d’informer le bénéficiaire et l’intervenant sur le terrain, encore moins obtenir leur VALIDATION HUMAINE à chaque fin d’intervention !

Concrètement, c’est l’intervenant qui doit pointer à chaque début et fin d’intervention, en utilisant le téléphone à domicile du bénéficiaire. L’intermédiaire administratif en est informé à distance et centralise le suivi. Mais sur le terrain, intervenant et bénéficiaire ne sont plus au courant de rien.

Eluder et contourner le consentement des seniors et employés 

Madame Cliente XX, vous venez de réaliser 1,6 h avec Intervenante YY. Vous avez 25,3 h de réalisé depuis le début du mois, soit un montant dû de 556,6 euros. Veuillez donner votre accord ? En cas de remarque, veuillez laisser un message sur le cahier de liaison ?

Madame Intervenante YY, vous venez de réaliser 1,6 h avec Cliente XX. Vous avez 4,1 h de réalisé aujourd’hui ; 88,9 h de réalisé depuis le début du mois. Veuillez donner votre accord ? En cas de remarque, veuillez laisser un message sur le cahier de liaison ?

Informer clairement les personnes âgées vulnérables et recueillir le consentement des bénéficiaires et intervenants à chaque fin d’intervention aurait dû être une obligation pour tout dispositif de comptage des heures.

Mais, les organismes d’aide à domicile ont préféré évincer cette exigence depuis plus de 15 ans, malgré de nombreuses alertes de l’association AiderNosParents depuis plus d’un an.

AiderNosParents dénonce donc cette volonté inadmissible d’exclure les bénéficiaires et intervenants du dispositif de comptage des heures, de les considérer comme des individus incapables, de marginaliser et déresponsabiliser ces deux populations.

Arnaques

Les heures d’intervention devenues dématérialisées, numériques, sont aussi faciles à manipuler que des chiffres dans une feuille d’Excel. Ces heures sont à l’origine des arnaques bien ciblées.

Chaque administratif connaît bien son bénéficiaire. A chaque fin de mois, il ajoute une heure fictive par ci, arrondit 1,6h à 2h par là. Si le bénéficiaire réagit, l’administratif peut toujours s’excuser en prétextant une heure planifiée non-réalisée non-corrigée, ou simplement un loupé informatique. Si le bénéficiaire ne réagit pas du tout, les arnaques peuvent devenir plus régulières et significatives.

En réalité, lorsqu’un bénéficiaire âgé reçoit une facture mentionnant 25,3 h à payer, il la paie les yeux fermés. Il ne va même pas demander le relevé des heures pour vérifier. Et même s’il a ce relevé sous les yeux, il aura beaucoup de peine à se rappeler que c’était 1,6h et non 2h ce jour là, encore moins le prouver …

Concernant l’intervenant, lorsque son employeur affirme qu’il a fait 118,2 h le mois dernier, même si lui a calculé que c’est 122 h sur son carnet, il ne va pas oser contester son employeur.

Tromperie à grande échelle

AiderNosParents dénonce le discours trompeur des organismes d’aide à domicile : faites nous confiance, vous n’avez rien à faire, la télégestion automatique fournit des mesures incontestables.

Faire croire aux vieux et aux travailleurs que le comptage automatique des heures est irréprochable, qu’il n’y a pas besoin de validation humaine à chaque fin d’intervention, ni de vigilance particulière à chaque fin de mois, c’est une manœuvre abusive qui n’a que trop duré, depuis 1999 !

Sachant que l’aide à domicile c’est un secteur économique qui pèse 12 milliards d’euros, 600 millions d’heures, il y a grande urgence à en finir avec ces pratiques douteuses.

Validation humaine à chaque fin d’intervention, et à chaque fin de mois

L’association AiderNosParents interpelle donc les décideurs du secteur pour rétablir le rôle fondamental des humains dans la comptabilisation des heures :

  • le bénéficiaire doit donner son accord au nombre d’heures à chaque fin d’intervention, et à chaque fin de mois, avant d’être facturé
  • l’intervenant doit donner son accord au nombre d’heures à chaque fin d’intervention, et à chaque fin de mois, avant de recevoir son bulletin de paie

En cas de dysfonctionnement ou de désaccord, bénéficiaire et intervenant doivent savoir clairement que faire dans le dispositif.

consentement dans l'aide à domicile
l’aide à domicile requiert consentement, validation, vigilance des humains concernés

Auteur : Monsieur Chi Minh PHAM, Président AiderNosParents, aidant d’une mère handicapée, Ingénieur Centralien, Expert en numérique

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Une réflexion sur “Aide à domicile : arnaques sur les heures des seniors et intervenants

  1. En effet le public de personnes âgée est une mine d’or pour les associations. Les conseils départementaux ont abandonnés leurs missions aux associations qui agissent hors sol dans une vraie opacité avec du personnel souvent incompétent car non diplômé, non formé et déclassé du marché du travail…L’objectif: le moindre coût avec les conséquences sur le public fragilisé des personnes malades et âgées, . Le comptage des heures est souvent farfelu avec des heures supplémentaires non demandées et parfois non réalisées , ne figurant pas au contrat. Certaines associations imposent un minimum d’une heure par déplacement alors que la mission ne dure qu’un quart d’heure. Les pointages manuels ou téléphoniques sont trafiqués parfois par des intervenants lorsque les clients sont incapables de vérifier quoique ce soit et quand la famille ne supervise rien.

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